mardi 27 juin 2017

Les fractures sociales

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Pierre Pestieau

Dans un précédent blog, j’ai traité du lien existant entre la fracture sociale et le vote populiste. J’aimerais ici approfondir ce concept de fracture sociale. La fracture sociale est certainement un concept mais surtout une réalité qui gangrène nos sociétés depuis plusieurs décennies. Elle est à l’origine du climat délétère qui pèse sur nos démocraties. Un climat dominé par la défiance, défiance à l’égard d’autrui et plus particulièrement à l’égard de toute forme d’autorité.

La fracture sociale est avant tout une réalité complexe et c’est cette complexité qui empêche de la combattre efficacement. Chacun a sa propre définition du concept et pour la mesurer on choisira des dimensions différentes.

L'oeuf, le sperme et l'antiféminisme primaire

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Victor Ginsburgh

Pourquoi celui qui, dans un couple, exerce moins d’activité, s’occupe-t-il davantage du ménage et des enfants et pourquoi le « celui » en question est-il presque toujours une femme, ce qui ne fait que renforcer, dit-on, le cercle vicieux du « je travaille moins, donc je suis censé(e) m’occuper des enfants et du ménage, donc je gagne encore moins, parce que même si je ne travaille pas moins, l’entreprise qui m’emploie croira que je porte moins d’attention à mon travail ». Et même quand la femme travaille moins, à l’heure de travail elle gagne moins que l’homme qui exerce le même emploi.

mardi 20 juin 2017

« Tu enfanteras dans la peine » et son étrange effet sur notre évolution

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Victor Ginsburgh

Après la tentation malheureuse du serpent dans le jardin d’Eden, voici ce que YHVH a dit à la femme : « Je multiplierai, je multiplierai ta peine et ta grossesse, dans la peine tu enfanteras des fils » (Genèse 3, 16). Il a ajouté d’autres choses pas toujours très aimables pour la femme comme : « A ton homme, ta passion : lui, il te gouvernera » mais s’est un peu rattrapé en disant à l’homme « A la sueur de tes narines, tu mangeras du pain jusqu’à ton retour à la glèbe dont tu as été pris. Oui, tu es poussière, à la poussière tu retourneras » (Genèse 3, 19) (1).

Mon propos ici est le pourquoi de l’enfantement dans la souffrance et le comment l’être humain a changé les choses grâce à (ou à cause de) la césarienne, qui elle-même est en train de changer l’évolution de l’être humain. Mais comme dans la Genèse, commençons par le commencement.

Quelques réflexions sur les paradis fiscaux

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 Pierre Pestieau

Optimisme béat.
Parmi mes collègues, spécialistes des finances publiques, j’entends souvent dire que les paradis fiscaux sont en voie de disparition suite aux récents accords initiés par l’OCDE. Les Etats procèderaient à des échanges d’information qui rendraient difficile, voire impossible, la fuite cachée des capitaux. C’est oublier que les institutions financières ont dans la fraude comme dans l’évasion fiscale un coup d’avance sur les Etats nations. Ainsi Gabriel Zucman (1) qui est sans doute le meilleur spécialiste des paradis fiscaux montre que les capitaux se sont déplacés des pays couverts par les traités vers les pays qui ne le sont pas, laissant le volume de la fuite des capitaux inchangé, si ce n’est augmenté.

jeudi 15 juin 2017

D’une fracture raciale à une fracture sociale. Pauvre Mandela

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Pierre Pestieau

Johannesburg, Jobourg, pour les intimes. Le nouveau quartier d’affaires ou les hôtels cinq étoiles, flambant neufs, se disputent le ciel avec les grandes banques de tous les pays. Au milieu, une oasis couverte de verre avec les boutiques les plus chics que l’on puisse imaginer, Rolex, Prada, Vuitton et autres Burberry et je suis sûr que j’oublie les meilleures. Au centre une petite place, le Nelson Mandela square,  dont l’accès est protégé partout par des gardes privés. Au centre de ce square une imposante statue de Mandela de 6 mètres de haut, qui n’a rien à envier aux nombreuses statues de Lénine qui peuplaient l’Union Soviétique. Que doit-il penser de tout ce luxe qui jure dans une société qui tout en continuant à le vénérer est désespérée de son avenir.

70 idées propagées par les économistes, mais qu’il vaut mieux brûler

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Victor Ginsburgh

Après ma défense des économistes la semaine dernière, je peux tout autant parler de leurs idées saugrenues. Un ouvrage dont le titre Idées économiques que vous pouvez oublier (1) vient me sauver, je ne dois pas inventer. Septante (soixante-dix, pour être sûr d’être compris) économistes y ont contribué. Chacun d’eux avait deux pages pour parler de l’idée ancrée qu’il voulait néanmoins attaquer et montrer fausse ou ridicule. En voici sept qui révèlent que ce petit livre d’un peu plus de 150 pages est bourré d’idées salutaires.

jeudi 8 juin 2017

Les torts, mais aussi quelques bienfaits, des économistes

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Victor Ginsburgh

Dans un article du 29 mai, le Professeur Johan Lambrecht (1) s’est fâché contre les économistes parce qu’ils n’ont pas vu venir la grande récession en 2007. Ils manquent de réalisme et de sens pratique, écrit-il, font des mathématiques illisibles et sont arrogants. Je suis en partie d’accord, mais voudrais quand même prendre, cette fois-ci en tout cas, leur défense.

Parce qu’on ne demande pas non plus à un cancérologue de guérir tous les cancers. Ni à un astronome de nous donner un décompte du nombre d’étoiles que nous voyons briller dans le ciel. On ne demande pas à un météorologue d’éloigner les orages qui inondent nos caves et les vents violents qui font tomber des arbres, et on ne demande pas à un astrophysicien de s’arranger pour que la terre ne tombe pas un jour dans un trou noir. L’astrophysicien vous répondra d’ailleurs qu’il n’est même pas sûr que les trous noirs existent.

Fracture sociale et vote populiste

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Pierre Pestieau

La fracture sociale est une expression qui est surtout utilisée en France même si sa réalité dépasse les frontières de l’hexagone. Elle désigne généralement le fossé séparant une certaine tranche socialement intégrée de la population d'une autre composée d'exclus. Il est admis que les victimes de la fracture sociale, les oubliés de la mondialisation, les clients du populisme se retrouvent parmi les plus démunis de notre société et pourtant il serait erroné de prendre le revenu comme seule caractéristique de ces situations. En d’autres termes la pauvreté financière n’est pas une condition nécessaire ni suffisante pour faire partie de ceux qui se sentent ainsi exclus. Bien plus important, il y a l’élément de ressenti, par exemple le sentiment que l’on a moins que ce à quoi on s’attendait, qu’on est moins bien loti que le voisin ou le parent proche qui n’a pas plus de mérite que soi, ou encore que son emploi est menacé, voire supprimé, du fait d’une délocalisation réelle ou annoncée de son entreprise ou d’une décision inexpliquée d’un gouvernement central jugé distant et animé par des technocrates arrogants.

jeudi 1 juin 2017

Ah si!

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Pierre Pestieau

Imaginons un instant qu’il soit possible de connaître le coût réel des biens et des services que nous consommons journellement et que l’on puisse tenir compte de ces coûts dans les prix du marché. Ce sont là certes deux fortes hypothèses, mais pas plus irréalistes que celle d’une fée qui eut transformé une citrouille en carrosse.

La première implique que le prix d’un voyage à l’Ile Maurice ou de haricots importés du Kenya incorpore aussi le coût réel que le transport en avion (dont la pollution) impose à la planète. La seconde hypothèse suppose que les Etats soient capables aux travers de taxes ou de subventions correctives d’intégrer ces coûts dans les prix.